Gloutonnerie des pétrolières : une enquête ne réglera rien

Prix de l’essence

Ce que l’on peut être des super cons de luxe, nous les Canadiens. On est un des plus gros producteurs de pétrole au monde comme pays, mais l’extraction, le raffinage et le détail appartiennent en quasi-totalité à des étrangers. Ça fait que ces grosses pétrolières étrangères (Exxon Mobil, Royal Dutch Shell, Total, BP Amoco, Chevron Texaco, etc.) viennent forer ici notre pétrole, nous le revendent à un prix excessif et rapatrient le magot à l’étranger afin de le distribuer à leurs actionnaires. Plus colonisés que ça, c’est impossible à trouver. Même les pays en voie de développement ne sont pas aussi asservis.

Et, en plus, comme si ce n’était pas assez, ces pétrolières milliardaires sont totalement intégrées verticalement, c’est-à-dire qu’elles vont de l’extraction, à la production, au raffinage et à la distribution au détail. C’est donc dire qu’elles peuvent à leur guise jouer avec les marges et les prix à tous les niveaux par le biais de prix de transfert ou de prix de cession interne. Elles peuvent aussi transférer comme bon leur semble leurs gros profits dans plusieurs pays où elles ont établi des filiales souvent logées dans d’aimables paradis fiscaux. Enfin, elles financent abondamment les partis politiques.

Pas plus tard qu’au mois de mai 2018, l’excellent député du Bloc québécois, l’économiste Gabriel Ste-Marie, avait demandé la même chose : « Enquête sur le prix de l’essence demandée à Ottawa » (Le Journal de Montréal, 3 mai 2018). Idem en 2017, mais cette fois ce fut l’ancien chef Gilles Duceppe : « Le Bloc veut une enquête sur le prix de l’essence. Duceppe souhaite que le Bureau de la concurrence se penche sur la question » (Le Journal de Montréal, 19 août 2017). Même Stephen Harper, l’ex-premier ministre conservateur du Canada avait ajouté son grain de sel afin de se faire voir hypocritement en défenseur des consommateurs floués : « Flambée des prix de l’essence.